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Où diable peut-on écouter un artiste qui n’a donné hors de la perfide Albion que quelques dates européennes depuis 2001 ? A Sziget, c’est possible. Tricky est un oiseau rare qu’il faut attraper tant qu’on le peut.
A côté des mastodontes, la programmation du Sziget a fait la part belle à des artistes de renommée mondiale, certes, mais surtout reconnus et appréciés dans leur genre musical propre : The Tin Tings, Bloc Party, Primal Scream ou, dans une moindre mesure Danko Jones et Mäximo Park. C’est là tout l’intérêt d’un tel festival, qui est devenu une véritable référence pour les adeptes de la musique aux riffs saturés, à fond dans les baffles. Plusieurs sc ènes ont vu défiler de petits groupes hongrois ou d’Europe centrale, avec une certaine dominante pour le grunge et le rock qui fait mal aux dents. Avec beaucoup d’humour et d’acrobaties aussi, tels les Soerii & Poolek, avec un nain qui fait du cirque !
Tricky, le pionnier du trip-hop venu de Bristol, est encore à part. Ni jeune ni institutionnellement casé, il mène sa barque dub en délivrant une musique électronique habitée par le blues, la soul et les démons d’un rock plus agressif encore. L’ancien comparse des Massive Attack a un grain de folie assez surprenant.
Evenement à Budapest, la première apparition de Tricky sur les bords du Danube (il se déplace très peu à l’étranger pour se produire) a tenu toutes ses promesses. Après une demi-heure, n’y tenant plus, Tricky s’est jeté dans la foule pour aller danser un peu avec ses fans. L’incident, imprévu, a mis la sécurité en alerte rouge, mais Tricky, grand seigneur, a bien voulu revenir sur scène pour faire son travail.
Connu pour ses contributions aux bandes originales de films (Bad Company, où on l’entend, ainsi que les Dub Pistols), Tricky est un artiste qui cultive sa différence, une diva, certes, mais capable de créer une ambiance soul qui ne peut laisser de marbre.
C’est un tour de force d’avoir su faire venir un artiste d’une telle trempe.
© F. Chareix